assurance credit et graphique

La non publication des bilans

La non publication des bilans pose un gros problème au crédit manager, car c’est le priver non seulement d’un élément de décision important et même capital, mais aussi d’une, d’une échelle de risque.

Mettons-nous à la place d’un dirigeant: ses raisons pour ne pas publier son bilan sont simples et évidentes:

• Il s’économise d’abord du temps et une démarche administrative pénible (photocopie de x pages du bilan, du compte de résultat, et de l’annexe, de l’affectation du résultat, etc. qu’il faut attester conforme).

• Il économise ensuite 45€ ou plus.

• Enfin, il se méfie. En effet, il considère que cette démarche revient à publier sa feuille de salaire.

Pendant 20 ans j’ai demandé des bilans non publiés aux petits entrepreneurs voir aux multinationales.

Mes statistiques sont simples:

• À 10%, ils refusent de publier les comptes, car le bilan est très bon.

Pourquoi refuser de publier un très bon bilan me direz vous? Tout simplement parce qu’il ne veut pas que ses clients (grandes entreprises) le feuillettent pour lui demander une baisse des prix. J’ai remarqué que ce type de “pression” se retrouve souvent dans le secteur de l’automobile et des grandes surfaces. Comme nous ne sommes pas un client, mais un fournisseur, il est plus facile d’obtenir un bilan en le demandant. Cette démarche peut s’accompagner d’une attestation de confidentialité si le client le souhaite. S’il refuse, on peut toujours le rencontrer pour “simplement voir” le bilan. Il est ensuite facile de noter les grandes valeurs du compte de résultat et du bilan. Généralement, il est beaucoup plus facile de l’obtenir l’année suivante. Le problème de cette dernière démarche, c’est le temps. Impossible lorsque l’on gère plusieurs milliers de clients.,

• À 90%, ils refusent de publier les comptes, car le bilan est mauvais.

Comme dans le premier cas il faut demander le bilan en échange d’une attestation de confidentialité ou rencontrer le dirigeant pour “simplement voir” le bilan. Je pense que photocopier 5 ou 6 pages n’est pas un trop gros effort pour obtenir un crédit de plusieurs milliers d’euros voire plusieurs dizaines de milliers d’euros d’un fournisseur. Si toutes les démarches restent vaines, nous sommes vraisemblablement dans le cas de figure d’un mauvais bilan. Une enquête est indispensable et je réduis mes lignes de crédit à la réception de l’enquête, car elle est généralement mauvaise.

Un fournisseur et son client sont des partenaires. Le client obtient de son fournisseur un crédit gratuit en échange d’informations. Si le premier refuse de donner des informations, il rompt son contrat.